Le CRDP organise sous l’égide de sa présidente Dr. Nada Oweijane le 2ème séminaire sur la révision des curricula: Vers des curricula interactifs

Le CRDP organise sous l’égide de sa présidente Dr. Nada Oweijane le 2ème séminaire sur la révision des curricula « Vers des curricula interactifs » et les discours prononcés confirment l’aspiration à former une génération qui adopterait la communication numérique interactive, et à une formation adéquate de l’enseignant.

Le CRDP a organisé, à l’imprimerie du Centre à Sin el Fil, le 2ème séminaire dédié à la réforme des curricula libanais « Vers des curricula interactifs », et en présence de

  • L’inspection pédagogique,
  • Le coordinateur de l’union des institutions pédagogiques privées, Père Boutros Azar,
  • Le directeur général de l’éducation, M. Fadi Yarak représenté, par directrice régionale du Mont Liban, Dr. Vera Zeitouni,
  • Le directeur de l’enseignement primaire M. Georges Haddad,
  • La directrice administrative du CRDP Mme Yolla Heneiné,
  • Nombre de doyens des facultés de pédagogie dans les universités privées dont Dr. Thérèse Al Hachem,
  • Des représentants des institutions pédagogiques privées ainsi que des directions du ministère, d’enseignants et d’éducateurs spécialisés.

Après l’hymne national, la coordinatrice du séminaire, Mme Ibtihaj Saleh, a pris la parole pour souligner que les curricula visaient la construction de l’apprenant, futur citoyen en vue de construire la nation.

Puis ont pris la parole

  • Dr. Nada Oweijane
  • Dr. Thérèse Al Hachem
  • Dr. Nabil Kousta
  • Dr. Vera Zeitouni

Discours de la présidente du CRDP, Dr. Nada Oweijane

Avec le début de cette nouvelle année scolaire nous nous retrouvons réunis dans les séminaires que nous avons planifié en partenariat entre les secteurs public et privé pour poursuivre la révision de nos curricula à partir des recommandations du décret des curricula de1997 , mais armés aussi par les directives de son Excellence le ministre de l’enseignement supérieur M. Elias Bou Saab qui a voulu que les recommandations du congrès éducatif libanais « Tous pour l’enseignement » soient à la base de ces séminaires qui, nous l’espérons, seront enrichis par vos approches et points de vues pour une réussite commune dans la réalisation de la réforme espérée et tant attendue.

L’apprenant de demain est le fils de la génération de l’informatique et de l’interaction numérique, c’est pourquoi, son profil se conforme avec la génération de la communication, de l’ouverture et de la mondialisation. De là, nous vient l’idée de dessiner le profil d’un apprenant international tout en préservant les racines et les valeurs nationales et en accordant une grande place à l’analyse, l’expérimentation et « l’apprentissage tout au long de la vie ».

Le profil de l’apprenant du futur nous interpelle pour une remise en cause des critères adoptés dans les choix des enseignants, et de leur formation initiale et continue. Il appelle aussi à assurer un équipement technique adéquat pour les écoles, puisqu’il n’est plus acceptable que la technologie et les « social-medias » en soient absents. Ils doivent être un outil d’échange entre le corps enseignant et les apprenants pour échanger les points de vues et les expériences et pour approfondir et élargir les horizons de nouvelles connaissances.

Après la réalisation du nouveau cadre général des curricula interactifs et la modernisation du plan de redressement éducatif y compris notre vision du profil de l’apprenant de demain, nous procéderons à la mise en place de commissions spécialisées pour étudier chaque matière dans des séminaires aux objectifs bien précis.

La tâche qui nous attend est grande et essentielle dans la formation de notre jeunesse de demain. Mais, à travers l’entente, la collaboration entre tous et la réalisation du principe de partenariat éducatif véritable, nous pourrons relever tous les défis. Le défi est énorme mais pas impossible.

Nous garderons à l’esprit que la société libanaise, dans tous ses constituants, éducatifs, scientifiques, culturels, sociaux et dans tous les médias associés, attend de nous la réalisation d’un grand pas en avant dans la transformation des curricula en curricula interactifs. Mais aussi, que nombreux pays du monde arabe, d’Afrique et du monde, attendent de voir nos réalisations dans ce domaine. Nous avons toujours été les avant-gardistes et l’exemple dans cet Orient!

Je prie Dieu que ce séminaire soit le début d’une renaissance éducative au Liban à travers :

  1. Des curricula à la hauteur de nos aspirations, dont les auteurs seraient fiers à l’échelle nationale et internationale, et qui donneraient de meilleurs résultats aux examens officiels et aux tests internationaux.
  2. Un livre scolaire qui permette la formation d’un citoyen à la hauteur des exigences du 21ème siècle.
  3. Des actions ciblées pour améliorer la qualité de l’enseignement afin d’assurer l’éducation pour tous.

Il nous incombe de former des générations qui assumeront des responsabilités nationales dans le futur. C’est pourquoi je lance un appel à tous pour œuvrer avec sérieux afin de faire

 face aux difficultés et mettre en place la réforme tant attendue qui nous sortirait du cocon de l’inaction et nous mènerait vers nos aspirations de modernisation et de développement.

 

Discours de la doyenne de la faculté de pédagogie à l’Université Libanaise : Dr. Thérèse Al Hachem

Je me rappelle qu’après l’adoption des curricula en 1997, le doyen de la faculté de pédagogie à l’époque Dr. Joseph Abou Nohra nous avait invités à des séminaires et avait créé une commission centrale pour la réforme des curricula de formation initiale des enseignants à la faculté de Pédagogie. J’eus l’honneur d’en faire partie. Nous avions, pour plus d’un an, œuvré afin que notre formation des enseignants à la faculté réponde aux exigences de ces curricula, et nous avions pu transformer les curricula de la faculté pour qu’ils soient conformes aux nouveaux curricula scolaires.

C’est ce que je ferai à mon tour, quand les futurs curricula scolaires frapperont de nouveau à la porte de la faculté de pédagogie. Sachant que nous avons déjà lancé depuis près d’un an un projet de rénovation de nos curricula en étroite collaboration avec le CRDP.

Il y a un consensus national au Liban sur la nécessité de la réforme des curricula.

Je m’arrête là pour dire que la refonte des curricula n’est pas une entreprise ponctuelle exécutée par étapes mais plutôt une opération globale, participative, durable et dynamique qui s’inscrit dans la durée et ne s’arrête jamais. Quand on dit curricula, on pense à leurs quatre constituants essentiels qui sont : les objectifs, les méthodes, les outils ou ressources et l’évaluation.

Mais j’ajouterai à tout cela que les curricula sont avant tout une philosophie, une éthique, des valeurs et des principes qui encadrent les objectifs, les méthodes, les outils ou ressources et l’évaluation et non l’inverse.

C’est de là que commence la réforme, sinon, elle ne commencera jamais…

Après l’adoption des nouveaux curricula en 1998, le ministère de l’éducation a œuvré en l’an 2000 à l’instauration d’une stratégie éducative nationale qui reflétait sa vision de l’enseignement comme suit :

Un enseignement dispensé au Liban sur la base de l’égalité des chances. Un enseignement qui contribue à la construction d’une société de la connaissance, de l’intégration sociale et du développement économique.

La question qui se pose ici est de savoir si les curricula en vigueur depuis 1997 ont aidé à la réalisation des objectifs de cette vision, ne serait-ce que partiellement.

Malgré de nombreuses réalisations dans le domaine éducatif, il reste que pour tous, notre situation éducative est en crise.

Nous sommes, du point de vue éducatif, dans une situation d’urgence dont les retombées sociales, économiques, éthiques et politiques sont dangereuses pour l’avenir du Liban.  

Le problème reste toujours dans l’éducation et la solution ne vient que de l’éducation.

L’opération de réforme des curricula entreprise par le CRDP est grandiose, pénible et délicate. C’est avec un grand intérêt et une grande attention que nous la suivrons car elle reste au centre de la  formation que nous délivrons. En effet, nous sommes conscients que l’enseignant compétent est le levier des curricula. C’est lui qui planifie la réalisation des objectifs, lui qui utilise les outils et enseigne leur usage, lui qui lance un enseignement interactif et applique les méthodes actives. C’est lui qui évalue et remédie. En résumé c’est lui qui se charge du transfert didactique et qui est le garant du contrat didactique.

Avant de conclure et dans le but de rendre justice au plan de redressement entamé en 1994 ainsi qu’aux curricula de 1998, permettez-moi de rappeler que ce plan de redressement et ces curricula étaient et restent jusqu’à nos jours modernes, visionnaires et audacieux : en 2006 il m’a été demandé ainsi qu’à deux collègues de préparer le rapport national du Liban sur l’éducation au développement durable pour le présenter au séminaire régional sur les compétences de l’enseignant dans le domaine du développement durable, tenu en Alexandrie en 2007. La première des choses que j’ai entreprises était de revenir au plan de redressement et aux curricula à la recherche d’une définition du développement durable, mais en vain. Mais ce que j’ai pu trouver dans le plan et les curricula consistait en la philosophie, les principes et les fondements du développement durable et de l’éducation au développement durable sans le définir et le nommer explicitement, puisque ce concept n’était pas défini et utilisé en 1994 comme il l’est actuellement.

J’ai découvert à l’époque tous les constituants du plan de redresser et des curricula, ainsi que leurs objectifs et leurs portées, étaient en accord avec la philosophie et les principes du  développement durable. J’attire l’attention sur le fait que le plan de 1994 a pu être à l’avant-garde quant à l’annonce de la décennie de l’éducation au développement durable. Ce qui signifie que les orientations du plan et des curricula reflètent les principes auxquels adhère la société libanaise car elles sont au centre de son histoire et de sa vision des besoins éducatifs actuels et futurs.

Nous espérons que l’opération du développement éducatif continue son parcours audacieux et nous souhaitons à cet atelier et aux ateliers qui suivront un grand succès car sa réussite est celle de tous dans notre démarche éducative.

Sa réussite est un seuil, un pas décisif qui nous mènera à bon port.

Mot du secrétaire général des écoles évangéliques Dr. Nabil Kosta au nom des établissements privés

Le sujet traité dans le séminaire qui démarre aujourd’hui est un sujet auquel j’accorde une grande importance. Ce sujet est également d’une grande importance pour l’Union des institutions éducatives privées. L’acquisition, par les apprenants des connaissances, de la culture et des compétences qui les habilitent à réussir dans plusieurs domaines et surtout sur le marché du travail, est l’une de nos priorités.

Le projet d’actualisation ou de modernisation des curricula en vigueur dans nos établissements (depuis près de 15 ans) ne signifie pas la volonté de faire table rase de ce qu’ont construit nos prédécesseurs dans le domaine de l’éducation car on doit reconnaître à ce curriculum qu’il munit les apprenants de compétences et de capacités importantes et nécessaires pour poursuivre des études supérieures et pour se tailler une place sur le marché du travail.

Mais le moment est venu pour que nos apprenants aient des curricula plus modernes. Le moment est venu pour que les méthodes d’évaluation (examens officiels) soient plus fiables et plus équitables.

Les examens officiels subis par nos apprenants et mis en place depuis plus de 15 ans ne sont ni fiables ni équitables en ce sens qu’ils ne mesurent pas les compétences réellement acquises par l’apprenant :

  1. Les questions auxquelles l’apprenant doit répondre mesurent seulement la capacité de cet apprenant à retenir des savoirs. Elles ne mesurent pas la compréhension de l’apprenant dans cette matière.
  2. Les examens officiels sont bien loin de mesurer la capacité de l’apprenant à analyser et à être créatif et critique. Et pourtant nombre de nos élèves excellent dans ces domaines. Mais il ne leur est pas donné une occasion de monter cela.
  3. Pour la réalisation de ces deux objectifs (L’actualisation des curricula et des modalités d’évaluation) il serait utile de se référer à ce qui conviendrait à notre culture dans le monde arabe et au-delà et de l’adopter »
  • Baccalauréat International, IGCSE, Baccalauréat Français, High School Program.

Nous pourrons éventuellement trouver dans les curricula allemands des idées qui nous seraient utiles. Dans ces curricula l’apprenant fait le choix des matières qu’il voudrait étudier au cours des deux dernières années ainsi que la spécialité ou la profession qu’il veut dans un institut technique ou une université, et ce grâce à l’orientation professionnelle « Career counseling ». Ainsi et à la fin de ces deux années l’apprenant subit un examen appelé « Abitur » c’est-à-dire « Maturité », qui consiste en 3 examens écrits et un autre écrit, à l’issu desquels il pourrait suivre une spécialisation.

Nous avons un besoin pressant d’alléger la transmission des savoirs et de distinguer les matières essentielles exigées de tous les apprenants pour terminer les cycles de base des autres matières qui peuvent être facultatives (système de crédit) surtout au secondaire.

Cette phase serait la solution au diplôme officiel du secondaire (Baccalauréat) dont les examens constituent un grand fardeau pour nos apprenants. Ainsi, l’apprenant aurait le droit d’avoir le choix entre plusieurs matières d’enseignement, en fonction de ses compétences et de ses centres d’intérêt.

En bref, il faut revoir les curricula ainsi que les examens officiels au Liban d’une manière approfondie de façon à :

  • Munir les apprenants de compétences et de capacités qui permettent de constituer le profil de l’apprenant dans le cadre de l’I.B. et sans lesquelles ils ne pourraient pas adhérer aux universités ou collèges techniques du Liban ou d’ailleurs.
  • Encourager les apprenants à développer leur responsabilité sociale ainsi que le sens de l’entraide, de la solidarité et de l’appartenance à la nation sans oublier la préservation de l’environnement et l’aide aux pauvres, aux malades et aux personnes âgées. Tout ceci, à travers des projets de service social.
  • Lier les matières d’enseignement dans les écoles aux besoins du marché du travail.
  • Réorganiser le système d’évaluation à la fin des cycles moyen et secondaire de façon à ce qu’il mesure les acquis réels des apprenants pour toutes les compétences, y compris le raisonnement, la pensée critique, la créativité dans les sciences, les arts, et l’expression écrite…

La révision des curricula dans les écoles est un pas essentiel que doivent entreprendre d’urgence le ministère de l’éducation et le CRDP, d’autant plus que les générations se développent sans nous attendre. C’est pourquoi, il est de notre devoir en tant qu’éducateurs de préparer un climat propice afin que l’apprenant puisse bénéficier d’un enseignement de qualité et qui promeuve la culture, l’ouverture et le développement. Nous devons aussi développer les compétences des enseignants afin qu’ils s’adaptent à de nouveaux curricula interactifs.

Nous voulons que nos apprenants soient un exemple de «Long Life learners » d’apprenants tout au long de la vie. Ce parcours leur fera acquérir des compétences qui leur permettront de devenir de bons citoyens capables d’influencer positivement leur société et l’environnement dans lequel ils vivent.

L’association des institutions éducatives considère que le CRDP est la source essentielle des informations et des recherches éducatives et nous comptons sur ses efforts pour poursuivre la .refonte des curricula et des examens à partir d’approches et d’études scientifiques.

Mot de la Directrice régionale du Mont Liban, Dr. Véra Zeytouni représentante du directeur général de l’éducation M. Fadi Yarak

Nous avons déjà entamé la refonte des curricula à travers cet atelier. Nos apprenants se retrouvent face à des défis énormes dans la lutte pour être à la hauteur du progrès et des mutations dans le monde. Nous sommes tous responsables, dans l’esprit d’un partenariat total entre les institutions pour leur assurer les atouts nécessaires et pour bâtir une personnalité capable de répondre aux besoins de la génération, d’autant plus que les compétences, les savoirs et la culture sont à la base de la construction de la personnalité du citoyen que nous voulons, armé scientifiquement et capable d’accepter l’autre. Nous possédons les ressources humaines compétentes capables de dessiner et profil du futur citoyen à travers la refonte des curricula.

 

 

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